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IA générative par secteur : où ça crée vraiment de la valeur en 2025

24 avr. 20257 min

“L’IA va transformer tous les secteurs” — c’est vrai, mais pas au même rythme ni de la même façon. Après avoir travaillé sur des projets dans plusieurs industries, voici ce que j’observe vraiment sur le terrain.

Finance et assurance

Ce qui marche. L’analyse de documents contractuels et réglementaires. Les LLMs sont excellents pour extraire des informations précises de contrats longs, comparer des clauses, identifier des incohérences. Des tâches qui prenaient des heures à des juristes juniors se font en minutes.

La détection d’anomalies dans les rapports financiers et la synthèse de documents d’analyse fonctionnent aussi très bien.

Ce qui est encore limité. Tout ce qui touche à la décision réglementée. Un LLM ne peut pas approuver un crédit ou valider une déclaration fiscale — il peut assister la décision, pas la remplacer. Les régulateurs sont vigilants, à juste titre.

Santé

Ce qui marche. La synthèse de dossiers médicaux pour les praticiens. Résumer un historique patient de 50 pages en 2 pages pertinentes est un cas d’usage mature avec de vrais gains de temps.

La rédaction de comptes-rendus à partir de notes dictées, et l’aide à la recherche bibliographique.

Ce qui est encore limité. Le diagnostic assisté. Les hallucinations d’un LLM dans un contexte médical peuvent avoir des conséquences graves. Les projets sérieux dans ce domaine investissent massivement dans l’évaluation et la supervision humaine.

Juridique

Ce qui marche. La recherche jurisprudentielle, la première rédaction de contrats standards, la comparaison de versions de documents. Des cabinets réduisent significativement le temps passé sur les tâches de recherche et de rédaction initiale.

Ce qui est encore limité. Les avis juridiques engagés. Un LLM peut produire quelque chose qui ressemble à un avis juridique mais qui est faux sur des points précis. Le risque de responsabilité est réel pour les cabinets.

E-commerce et retail

Ce qui marche vraiment bien. La génération de fiches produits à l’échelle, la personnalisation des descriptions, le support client automatisé sur des questions standards. Ce sont des cas d’usage matures avec des ROI mesurables.

La génération d’emails marketing personnalisés et la réponse aux avis clients.

Ce qui est limité. La recommandation produit pure. Les LLMs sont moins efficaces que les systèmes de recommandation classiques pour prédire les achats à partir de l’historique comportemental.

RH et recrutement

Ce qui marche. La présélection de CVs sur des critères objectifs, la rédaction d’offres d’emploi, la synthèse d’entretiens.

Ce qui pose problème. Les biais. Les LLMs entraînés sur des données historiques peuvent reproduire et amplifier des biais existants dans les processus de recrutement. C’est un risque légal et éthique sérieux qui nécessite une attention particulière.

Ce que j’en retiens pour un PO IA

Les secteurs les plus avancés sont ceux où la tâche est bien définie, les erreurs sont détectables, et la supervision humaine est naturelle dans le workflow.

Là où l’IA déçoit encore, c’est souvent là où les attentes étaient exagérées ou où les contraintes réglementaires limitent l’autonomie des systèmes.

Pour chaque projet, la vraie question n’est pas “est-ce que l’IA peut faire ça ?” mais “dans quelles conditions, avec quelle supervision, et avec quel niveau de fiabilité ?”

SC

Stéphanie Caumont

Product Owner IA · En savoir plus