MCP en pratique : ce que ça change vraiment pour vos agents
MCP (Model Context Protocol) est devenu un standard de facto pour connecter des LLMs à des outils externes. Voici ce que ça change concrètement dans la façon de construire des agents.
Le problème que MCP résout
Avant MCP, connecter un LLM à votre système de tickets ressemblait à ça :
- Définir un tool au format JSON dans chaque appel API
- Parser la réponse
tool_usedu modèle - Appeler votre API manuellement
- Réinjecter le résultat dans la conversation
- Répéter pour chaque outil, chaque projet, chaque intégration
C’était du code plomberie à réécrire pour chaque projet. Non réutilisable, non standardisé.
MCP crée une interface commune : un serveur MCP expose des outils, et n’importe quel client compatible peut les utiliser sans récrire la couche d’intégration.
Comment ça marche en pratique
Un serveur MCP est un processus qui expose des outils via un protocole standardisé. Claude (ou tout autre client MCP) peut découvrir ces outils et les appeler.
Exemple concret : vous avez un système de gestion de projets interne. Vous créez un serveur MCP qui expose :
list_projects() → liste des projets actifs
get_project(id) → détails d'un projet
create_task(...) → créer une tâche
update_status(...) → mettre à jour un statut
Une fois ce serveur déployé, Claude peut appeler ces outils nativement dans n’importe quelle conversation ou agent. Vous n’avez plus à gérer la plomberie côté LLM.
L’écosystème open source
La bonne nouvelle : vous n’avez probablement pas à créer votre propre serveur MCP pour la plupart des outils courants. La communauté a déjà fait le travail :
- GitHub, Notion, Google Drive, Slack : serveurs officiels disponibles
- Bases de données SQL, systèmes de fichiers, APIs REST : serveurs génériques
- Outils de monitoring, systèmes de ticketing : contributeurs communautaires
Le répertoire officiel sur github.com/modelcontextprotocol/servers est un bon point de départ.
Ce que ça change dans l’architecture
Sans MCP, chaque agent que vous construisez réinvente sa propre couche d’intégration. Avec MCP, vous séparez proprement :
- Les agents : la logique, les prompts, l’orchestration
- Les serveurs MCP : les connexions aux systèmes externes
Cette séparation a plusieurs avantages :
- Un serveur MCP écrit une fois fonctionne avec tous vos agents
- Vous pouvez tester les intégrations indépendamment de la logique agent
- L’équipe backend peut maintenir les serveurs MCP sans toucher aux prompts
Les limites à connaître
MCP n’est pas une baguette magique. Quelques points d’attention :
La latence s’additionne. Chaque appel MCP est un aller-retour réseau. Sur un agent qui fait 5 appels d’outils en séquence, ça peut devenir significatif.
Les erreurs doivent être bien gérées. Si votre serveur MCP retourne une erreur, votre agent doit savoir quoi en faire. Définissez des comportements de fallback explicites.
Le contexte a une taille limite. Les résultats d’outils sont injectés dans le contexte. Sur des retours volumineux (liste de 500 tickets, par exemple), vous pouvez saturer la fenêtre de contexte rapidement. Pensez à paginer et filtrer côté serveur MCP.
Par où commencer
Si vous voulez expérimenter MCP sans repartir de zéro :
- Claude Desktop supporte MCP nativement — c’est le moyen le plus simple de tester
- Installez un serveur MCP existant (filesystem ou GitHub pour commencer)
- Observez comment Claude l’utilise, quelles décisions il prend
- Ensuite seulement, envisagez d’écrire votre propre serveur
C’est un investissement technique qui vaut la peine dès que vous avez plusieurs agents à construire.
Stéphanie Caumont
Product Owner IA · En savoir plus